Chroniques

Chronique#29 ♦ « Lectio Letalis » de Laurent Philipparie

Je remercie Netgalley et les éditions Belfond pour m’avoir permis de lire ce roman.

Paris. Un assistant d’édition tout juste embauché se tranche les veines à la lecture du premier manuscrit qui lui est confié. C’est la troisième fois, en quelques semaines, que le même scénario-suicide se produit dans cette maison d’édition.
Bordeaux. Le lieutenant Gabriel Barrias, ancien indic devenu flic, enquête sur l’assassinat atypique d’un psychiatre massacré par un rapace, dans son cabinet, en pleine consultation.
Deux affaires éloignées en tout point, et pourtant. Un nom apparaît des deux côtés. Celui d’Anna Jeanson, qui fut, dix ans plus tôt, l’unique survivante d’un suicide collectif survenu dans une secte dressant des animaux à tuer.

Dès le premier chapitre, on rentre dans un événement percutant et fort se déroulant à Paris. Cela attire, tente. Ce chapitre te donne un avant goût du mystère et ouvre la lecture sur des questions qui poussent à connaître la suite. Que s’est-il passé ? Pourquoi ? Comment ? Qu’est-ce que tout cela veut dire ?

Puis l’auteur nous frustre en nous envoyant à des kilomètres de la première scène sans réponse. On a alors l’impression de reprendre une autre histoire « sans saveur ». Après un suicide incompréhensible, on suit une intervention sur un groupe de dealers dans la banlieue de Bordeaux. L’histoire continue son cours doucement suivant le lieutenant Gabriel Barrias sans aucun rapport avec la première scène. Peu à peu, on apprend à connaître ce lieutenant qui est rongé par plusieurs événements de son passé autour d’une secte, avec un tempérament qui ne correspond pas à l’institution policière. Pourtant, il est là et on plonge avec lui dans ses tourments et sa « haine » des sectes. On vit avec lui ses réflexions et ses questions… surtout cette question qui le hante et hante chacun de ses gestes, actions et pensées. Sa vie entoure celle-ci, la côtoie, la charme pour qu’elle le mette encore plus misérable à chaque fois qu’il y cède. Gabriel est un personnage complexe comme je les aime, avec une psychologie particulière.

Pour moi, ce fût le piège. Plus, je me plongeais dans l’histoire pour connaître ce lieutenant, plus, « j’oubliais » (disons plutôt que mon esprit le floutait) la première scène du livre pour me concentrer sur ce lieutenant particulier. Mais au fil des pages, les questions revenaient doucement avec l’avancement des chapitres et la découverte du lien entre Anna Jeanson, la fille d’une victime d’une incendie créé par les dealers, la suspecte du meurtrière de son propre psychiatre et cette affaire mystérieuse du tout début.

Le « pire » est quand on entrevoit enfin un espoir pour Gabriel de s’en sortir, quand il renonce enfin à repenser aux sectes et à Albert Modéas, son « ennemi naturel ». L’enquête de Paris vient le frapper de plein fouet comme pour tester sa conviction. En effet, l’enquête revient croiser le chemin d’une secte. Gabriel se tient à ses convictions comme il peut jusqu’à ce qu’il se retrouve seul avec Anna Jeanson, la suspecte de toute cette affaire. Peu à peu, il cède et comprend. Et voilà comment son ancien ennemi revient dans sa vie.

Le récit s’accélère passé le cap de la rencontre Gabriel/Anna et les liens se font. Les réponses sont données au compte-goutte mais avec un tel tact qu’on ne se plaint pas de ne pas toutes les avoir d’un coup. L’auteur a su d’une main de maître à me tenir dans son histoire jusqu’à la fin alors qu’au début, j’étais mitigé du changement entre le premier chapitre et le deuxième. Chaque personnage est travaillé même les secondaires et chacun d’eux apporte un élément à l’histoire ou à l’enquête. L’analepse a été introduit de façon admirable en chapitre qui se révèle être en fait un rêve. Et à la fin de l’histoire, on a toutes les réponses à nos questions même celles qu’on ne s’était pas forcément posées. J’ai adoré cette lecture ce qui est inouï pour une personne dont le genre « Thriller » n’est pas son dada. Bravo à l’auteur !

Lectio Letalis de Laurent Philipparie ♦ Belfond ♦ 2019 ♦ 368 pages ♦ 19,90€ ♦ Genre : Thriller

Excellente lecture

Cette chronique participe aux challenges « Petit Bac 2019 » et « Je suis éclectique »

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