Chroniques

Chronique#30 ♦ « Distorsion : 13 histoires étranges de l’ère numérique » de Emile Gauthier et Sébastien Lévesque

Je remercie Netgalley et les éditions BMR (et les éditions de l’Homme) pour m’avoir permis de lire ce roman.

La face cachée d’Internet recèle de bien étranges histoires…
Distorsion est un podcast québécois qui traite d’histoires étranges qui sont nées sur le web et sont alimentées par une communauté d’internautes avides de sensations fortes.
Dans ce livre , vous trouverez une sélection de 13 histoires de true crime, dark web, disparitions et légendes urbaines parmi les 60 existantes :8 histoires des plus populaires du podcast, et 5 totalement inédites. pour lesquelles le web s’enflamme, et qui se sont déroulées aux quatre coins de la planète. Le tout illustré par RUN, le créateur de Mutafukaz.
Ces histoires savamment élaborées répondent en tous points aux attentes des lecteurs en quête de mystères et de suspense.

Avec une première de couverture et une synopsis pareille, cela ne pouvait que m’attirer tel un papillon, j’ai été pris dans la toile de Distorsion. Ironique quand ce livre vous ressort des faits d’une plus grande toile pour les mettre en avant avec une écriture fluide et des illustrations magnifiques.

Chaque histoire a été traitée de A à Z et les petits commentaires des auteurs sont les bienvenus. Ils permettent de mettre en lumière des questions qu’on s’est posées ou qu’on n’avait pas imaginé. Les récits sont posés à plat de manière objective. On voit que les auteurs ont voulu exposer les faits tels qu’ils sont. Les seuls moments subjectifs sont leurs notes qui sont clairement établies dans le texte. Il existe une réelle frontière entre ce qu’ils racontent et ce qu’ils pensent. Cela nous permet de faire pareil dans la lecture et ne pas avoir de « flou » entre les deux ainsi on peut se faire nos propres avis sur ses histoires.

Parmi les treize exposées, je n’en connaissais qu’une. Les douze autres ont été de pures découvertes à la fois horrifiques que palpitantes. Les auteurs nous montrent par ce livre quelques aspects que le net à sur notre vie actuelle. Car maintenant, il ne faut pas le nier, nous sommes tous connectés par cet outil dans la vie. Attention, ces derniers ne cherchent pas à accuser l’internet. Non, car dans ses histoires, ils démontrent les côtés positifs comme négatifs de cette vaste toile. Ils montrent aussi que de nos jours, la communauté d’internet est comme une mini-société avec des gens qui aident et d’autres qui ne se gênent pas pour arnaquer les autres.

De nos jours, il faut prendre en compte cet outil qui est un vaste réseau.

Je reviens maintenant sur les illustrations de Run. Ce n’est pas le style de dessins que je regarde ou qui attire mon attention normalement. Mais dans ce livre, ces illustrations subliment les histoires. Je me prenais au jeu de regarder chaque dessin avant de lire le chapitre correspondant pour essayer de déterminer si j’arrivais à deviner le récit. Et une fois, le texte finit tout approuve totalement le dessin. Le choix de cet illustrateur et de ce style est excellent, je trouve.

Je n’ai qu’une chose à demander à quand le prochain ?

Distorsion de Emile Gauthier et Sébastien Lévesque ♦ Sortie le 11 avril 2019 ♦ 179 pages (ebook) ♦ 17,00€ ♦ Genre : Fiction, Science-fiction

Cette chronique participe aux challenges de «l’Imaginaire » et « Je suis éclectique »

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Chroniques

Chronique#29 ♦ « Lectio Letalis » de Laurent Philipparie

Je remercie Netgalley et les éditions Belfond pour m’avoir permis de lire ce roman.

Paris. Un assistant d’édition tout juste embauché se tranche les veines à la lecture du premier manuscrit qui lui est confié. C’est la troisième fois, en quelques semaines, que le même scénario-suicide se produit dans cette maison d’édition.
Bordeaux. Le lieutenant Gabriel Barrias, ancien indic devenu flic, enquête sur l’assassinat atypique d’un psychiatre massacré par un rapace, dans son cabinet, en pleine consultation.
Deux affaires éloignées en tout point, et pourtant. Un nom apparaît des deux côtés. Celui d’Anna Jeanson, qui fut, dix ans plus tôt, l’unique survivante d’un suicide collectif survenu dans une secte dressant des animaux à tuer.

Dès le premier chapitre, on rentre dans un événement percutant et fort se déroulant à Paris. Cela attire, tente. Ce chapitre te donne un avant goût du mystère et ouvre la lecture sur des questions qui poussent à connaître la suite. Que s’est-il passé ? Pourquoi ? Comment ? Qu’est-ce que tout cela veut dire ?

Puis l’auteur nous frustre en nous envoyant à des kilomètres de la première scène sans réponse. On a alors l’impression de reprendre une autre histoire « sans saveur ». Après un suicide incompréhensible, on suit une intervention sur un groupe de dealers dans la banlieue de Bordeaux. L’histoire continue son cours doucement suivant le lieutenant Gabriel Barrias sans aucun rapport avec la première scène. Peu à peu, on apprend à connaître ce lieutenant qui est rongé par plusieurs événements de son passé autour d’une secte, avec un tempérament qui ne correspond pas à l’institution policière. Pourtant, il est là et on plonge avec lui dans ses tourments et sa « haine » des sectes. On vit avec lui ses réflexions et ses questions… surtout cette question qui le hante et hante chacun de ses gestes, actions et pensées. Sa vie entoure celle-ci, la côtoie, la charme pour qu’elle le mette encore plus misérable à chaque fois qu’il y cède. Gabriel est un personnage complexe comme je les aime, avec une psychologie particulière.

Pour moi, ce fût le piège. Plus, je me plongeais dans l’histoire pour connaître ce lieutenant, plus, « j’oubliais » (disons plutôt que mon esprit le floutait) la première scène du livre pour me concentrer sur ce lieutenant particulier. Mais au fil des pages, les questions revenaient doucement avec l’avancement des chapitres et la découverte du lien entre Anna Jeanson, la fille d’une victime d’une incendie créé par les dealers, la suspecte du meurtrière de son propre psychiatre et cette affaire mystérieuse du tout début.

Le « pire » est quand on entrevoit enfin un espoir pour Gabriel de s’en sortir, quand il renonce enfin à repenser aux sectes et à Albert Modéas, son « ennemi naturel ». L’enquête de Paris vient le frapper de plein fouet comme pour tester sa conviction. En effet, l’enquête revient croiser le chemin d’une secte. Gabriel se tient à ses convictions comme il peut jusqu’à ce qu’il se retrouve seul avec Anna Jeanson, la suspecte de toute cette affaire. Peu à peu, il cède et comprend. Et voilà comment son ancien ennemi revient dans sa vie.

Le récit s’accélère passé le cap de la rencontre Gabriel/Anna et les liens se font. Les réponses sont données au compte-goutte mais avec un tel tact qu’on ne se plaint pas de ne pas toutes les avoir d’un coup. L’auteur a su d’une main de maître à me tenir dans son histoire jusqu’à la fin alors qu’au début, j’étais mitigé du changement entre le premier chapitre et le deuxième. Chaque personnage est travaillé même les secondaires et chacun d’eux apporte un élément à l’histoire ou à l’enquête. L’analepse a été introduit de façon admirable en chapitre qui se révèle être en fait un rêve. Et à la fin de l’histoire, on a toutes les réponses à nos questions même celles qu’on ne s’était pas forcément posées. J’ai adoré cette lecture ce qui est inouï pour une personne dont le genre « Thriller » n’est pas son dada. Bravo à l’auteur !

Lectio Letalis de Laurent Philipparie ♦ Belfond ♦ 2019 ♦ 368 pages ♦ 19,90€ ♦ Genre : Thriller

Excellente lecture

Cette chronique participe aux challenges « Petit Bac 2019 » et « Je suis éclectique »

Chroniques

Chronique#28 ♦ « Nil » de Lynne Matson

Charley se réveille sur une île somptueuse qui ne figure sur aucune carte. Elle y survit tant bien que mal avant de rencontrer Thad, le leader du clan des humains présents sur Nil.
Il lui apprend la vérité, glaçante : pour quitter cet enfer paradisiaque, il faut trouver une des portes qui apparaissent au hasard sur l’île …
Il n’y en a qu’une par jour. Une seule personne peut l’emprunter. Pire encore, les adolescents n’ont qu’un an pour s’échapper. Sinon, c’est la mort.
Le compte à rebours a déjà commencé…

Le premier livre est un vrai mystère, on découvre l’univers avec un point de vue nouveau (une nouvelle arrivée sur l’île) et un point de vue un peu plus expert (une personne déjà présente sur l’île depuis quelques temps). 

Il y a un long démarrage avant d’entrer enfin dans l’intrigue de la saga. La narration alternée et l’introduction de nombreux personnages secondaires sont quelque peu prenantes. On aura tendance à vouloir refermer le bouquin pour ne pas en savoir plus. En effet, l’effet montagne d’informations peut rebuter certains. 

Certaines actions semblent trop rapides à mon goût, manquant de prendre leur temps. Certes le temps leur est compté mais il ne faut pas exagérer. Toutefois, le choix de ne pas concrétiser de suite a été un choix judicieux de la part de l’auteur. On ne peut pas remettre non plus en cause l’humour des deux narrateurs et la plume fluide de l’auteur. L’ambiance oppressante qui se dégage du premier livre est un vrai régal. Il n’est pas exempt de tout défaut mais se laisse lire aisément.

Nil de Lynne Matson ♦ PKJ ♦ 2006 ♦ 414 pages ♦ 17.90€ ♦ Genre : Fantastique

Très bonne lecture
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Chronique#27 ♦ « The Witch Hunter » et « The Witch Hunter : l’assassin du roi » de Virginia Boecker

Elizabeth Grey, seize ans, est une redoutable chasseuse de sorciers. Mais un jour, elle-même est arrêtée pour sorcellerie ! En prison, elle reçoit la visite de Nicholas Perevil, qu’elle traque depuis toujours. Il lui propose un étrange marché : si elle parvient à déjouer la malédiction qui pèse sur lui, elle sera libérée.
Au fil de ses macabres découvertes, tout ce qu’Elizabeth tenait pour évident est remis en question : le bien et le mal, les amis et les ennemis, l’amour et la haine… la vie et la mort !

C’est un univers qui met en avant des thèmes que j’apprécie tout particulièrement : la sorcellerie, la magie noire et les plantes… Bien que ce soit un Young Adult, l’histoire reste complexe alors ne loupez pas les petits détails dissimilés partout qui aboutissent à la compréhension du contexte.

L’univers, l’ambiance et l’époque dans lesquel l’action est plantée sont tout simplement sublimes. Bien que le début du tome 1 soit rythmé, sa deuxième partie s’essouffle dans des passages longs d’inaction. Par ailleurs, le tome 2 est une vraie montagne russe concernant mon avis, entre attention et ennui, ce qui est bien dommage. 

Toutefois, l’histoire reste sympathique avec des personnages charismatiques pour certains. 

The Witch Hunter et The Witch Hunter : l’assassin du roi de Virginia Boecker ♦ PKJ ♦ 2016 & 2017 ♦ 384 & 368 ♦ 17.90€ / 1 ♦ Genre : Fantasy

Très bonne lecture
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Chronique#26 ♦ « Qui Ment ? » de Karen McCoy

5 lycéens – 1 mort = 4 suspects
Tous cachent un secret.
Qui ment ?
Bronwyn L’INTELLO, Cooper LE SPORTIF, Nate LE DELINQUANT, Addy LA REINE DE BEAUTE et Simon LE GOSSIP BOY se retrouvent en retenue un après midi.
Seulement, ce dernier ne ressortira jamais vivant de cette heure de colle … Et les enquêteurs en sont vite sûrs, sa mort n’est pas accidentelle.
Bronwyn, Addy, Nate et Cooper deviennent les principaux suspects du meurtre lorsqu’on découvre un article écrit par Simon contenant des révélations sur chacun d’eux.
Jusqu’où sont-ils prêts à aller pour protéger leurs secrets ?

Lecture intéressante et prenante. On veut savoir la fin assez rapidement. On plonge dans le livre pour n’en ressortir que lorsqu’on connaît le dénouement. Écriture d’une fluidité magnifique. Les personnages sont bien travaillés.
J’avais une théorie à la fin de la partie 1 qui s’est avérée juste. De forts soupçons pour autre chose. Mais je ne m’attendais pas au troisième. 
Vraiment, je recommande pour une bonne lecture. 

Qui ment ? de Karen McCoy ♦ Nathan ♦ 2018 ♦ 464 pages ♦ epub : 13.99€ ♦ Genre : Thriller

Excellente lecture
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Chronique#25 ♦ « On ne badine pas avec l’amour » de Alfred de Musset

Deux jeunes gens intelligents, cultivés, sensibles se retrouvent après dix ans de séparation dans le giron familial où ils ont vécu ensemble leurs années d’enfance. Tout est préparé pour fêter ces retrouvailles… Pourtant, une lutte cruelle et impitoyable va s’engager. Chacun va chercher à éprouver la vérité de l’autre, au lieu de s’abandonner aux élans de son cœur et à l’intuition de ses sens. À l’épreuve de cette vérité, les masques tombent : les notables sombrent dans le ridicule, tandis que les jeunes héros vont faire, dans le malheur, l’expérience de l’ouverture inconditionnée à l’amour. Décidément, l’amour n’est pas un sujet de comédie…

Bien que les personnages soient tantôt comiques (avec les Maîtres et la dame Pluche, surtout le Baron qui ne sait plus où donner de la tête avec tous ses compères), tantôt tragiques (avec Camille qui est hantée par les murmures de ses pairs au couvent ou alors Perdican qui semble à la fois sérieux et léger sur le sujet), la pièce en soi ne m’a pas vraiment marquée. Je suis restée neutre face à cette lecture ; quoiqu’un sourire par moments s’en dégageait mais bien trop rarement pour que ce soit une comédie (que j’apprécie).

Sinon, les thèmes abordés par l’auteur sont intéressants. Et j’ai beaucoup aimé les tirades des deux protagonistes entre eux au bord de la fontaine de leurs souvenirs d’enfance qui soulèvent des arguments réalistes. Une morale à retenir. 

Malgré tout, je n’ai pas été totalement charmée par la pièce.

Lecture Moyenne
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Chronique#24 ♦ « La passe-miroir : Les fiancés de l’hiver » de Christelle Dabos

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

J’ai eu beaucoup de mal à m’accrocher à ce livre. Je l’avais commencé il y a un an et je l’ai repris il y a plus d’une semaine. L’action est quasiment absente. Malgré quelques petits passages dynamiques, je me suis assez ennuyée dans la lecture.
Le personnage d’Ophélie est trop apathique. Combien de gifles lui faut-il pour réagir ? On manque de voir son vrai caractère derrière cette absence de réaction et c’est bien dommage. Ma lecture a été basculée entre l’ennui et l’attention. Toutefois, les descriptions « péjoratives » des personnes sont un souffle nouveau bien que trop persistantes par moments. Elles sont contrebalancées par les descriptions mélioratives des paysages, même les plus hostiles. Parlant de l’univers qui est en soit une petite pépite, mérite d’être connu. Bien que mon avis reste mitigé, je ne me cantonnerai pas qu’à ce seul tome.

La passe-miroir, les fiancés de l’hiver de Christelle Dabos ♦ Gallimard-Jeunesse ♦ 2013 ♦ 528 pages ♦ 18€ ♦ Genre : Fantasy


Agréable à lire pour son univers