[ROMAN GRAPHIQUE] PUCELLE

Florence Dupré La Tour –

Depuis sa plus tendre enfance, Florence ignore tout ce qui se passe… en-dessous de la ceinture. Elle imagine que le papa met la petite graine dans le nombril de la maman, et puis de toute façon, il est tacitement interdit, dans la famille, de parler de « la chose qui ne doit pas être dite ». Alors… Florence imagine des scénarii terribles, parfois idiots ; Florence s’angoisse devant le poids de la tradition qui place inéluctablement la femme dans une position inférieure ; Florence, à sa façon, résiste pour ne pas sombrer.
Un récit autobiographique grave, drôle et universel signé Florence Dupré La Tour sur la (non) éducation sexuelle d’une fille dans une famille chrétienne rétrograde.



J’ai lu, lu et lu mais pas d’une traite. En deux grandes fois entrecoupés de petites pauses pour m’exprimer. Je me suis insurgé, j’ai grimacé, j’ai été choqué, j’ai soupiré d’agacement…

Avec mon regard « ouvert », mon éducation que ma mère a tenté de baser sur les informations et la parole, je me suis irrité de la place des femmes, des paroles du curé, des agissements du père, des comportements de la mère.

Sans compassion, je me suis même énervé sur Florence. Avec mon regard « ouvert », j’ai grondé après Florence. Mais comment la juger ? Pourquoi la juger ? Ce n’est pas de sa faute. J’ai pris du recul. Je me suis même demandé si je devais revoir mon jugement sur les parents. Mais non ! Le père est le patriarcat même. Le père travaille et voit le monde, les changements mais ne les apporte pas au sein de son foyer. L’autorité du père fait montre de violence tant psychologique que physique. [Il a obligé ses enfants à finir leur lait fermenté alors qu’il buvait un café !!]

Quant à la mère ? Que dire ? Elle est soumise. Après tout, la religion veut la femme soumise à l’homme comme l’homme l’est à Dieu. Quand ils expliquent, à Florence, les règles [le mot interdit], on ressent clairement que l’accomplissement de devenir une femme c’est la maternité, enfanter.

Enfanter… Après deux premières naissances féminines (Violaine, Bénédicte et Florence), ils donnent enfin naissance à un garçon, Jérôme. C’est de là que tout part. Cette conscience de la discrimination entre eux. Le visage heureux de ses parents. Un visage qu’elle n’a jamais vu sur les traits de sa mère, une expression de son père d’habitude absent.

Alors comment juger Florence ? Elle est conditionnée par son éducation, par la religion. La sexualité ? Aucune. C’est la graine qui pousse dans le ventre. Jusqu’au jour où la sexualité animale se jette littéralement devant ses yeux. Devenir une femme ? Pour ça ? Le fonctionnement du corps féminin devient alors une disgrâce à ses yeux. De plus alors que la sexualité est taboue, sa mère manque cruellement de délicatesse sur la menstruation de sa fille.

Lors d’une mutation en Guadeloupe, elle va démontrer une autre facette de son éducation tout en mettant en exergue une dysfonctionnement dans son entourage, sur la place des « noirs », sur la place des femmes et qui sont les gagnants. Bien qu’elle ne s’en rend pas compte, j’ai beaucoup aimé ce parallèle (volontaire ou non) subtil.

C’est une lecture instructive et intéressante. Elle est dure et glaçante. Elle amène à réfléchir sur sa propre éducation par comparaison, sur l’importance de la parole, de la communication.

Ma lecture a été perturbé par un graphisme assez grossier. Je n’aime pas les dessins mais ça ne m’a pas arrêté.

Merci à Netgalley et aux éditions Dargaud


TITRE : Pucelle
EDITIONS : Dargaud
PAGES : 184

5 commentaires

  1. […] [ROMAN GRAPHIQUE] : Pucelle – Florence Dupré LaTourDepuis sa plus tendre enfance, Florence ignore tout ce qui se passe… en-dessous de la ceinture. Elle imagine que le papa met la petite graine dans le nombril de la maman, et puis de toute façon, il est tacitement interdit, dans la famille, de parler de « la chose qui ne doit pas être dite ». Alors… Florence imagine des scénarii terribles, parfois idiots ; Florence s’angoisse devant le poids de la tradition qui place inéluctablement la femme dans une position inférieure ; Florence, à sa façon, résiste pour ne pas sombrer.MA CHRONIQUE […]

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