Chroniques

Chronique#37 – « Le réseau Papillon : Aux arts, citoyen ! » de Dumanche et Otéro

Bande dessinée

En septembre 1939, les parisiens pressentent l’invasion allemande. Par précaution, ils organisent l’évacuation de certaines œuvres d’art du Musée du Louvre vers l’extérieur de Paris, dont le château de Chambord. Près d’un an plus tard, en juillet 40, l’occupation est une réalité, à Paris comme dans le village normand où vivent Gaston, Edmond (Doc), François (Bouboule) et Elise (Princesse), quatre gamins bien décidés à résister aux boches. Grace au poste de radio trafiqué par Doc, ils peuvent écouter les dernières nouvelles de la nauséeuse diplomatie internationale. Plus tard, ils apprennent en surprenant la conversation de deux soldats, que Hermann Göring, maréchal suprême du Reich, doit passer la soirée dans leur patelin le lendemain. Ils ne savent pas encore que ce bras droit de Hitler est en quête d’œuvres d’arts pour la collection personnelle de Hitler… voire de Göring lui-même. Mais ils comptent bien se rendre eux aussi à cette soirée afin, éventuellement, de jouer un sale tour aux boches. Le lendemain, Gaston est puni, en raison de son indiscipline à la messe. Il se retrouve à devoir passer une journée de pénitence avec le curé. Le soir venu, il rentre chez lui, mais file aussitôt retrouver ses copains. La nuit tombée, ils pénètrent dans l’enceinte du château où se tient la réception par une porte dérobée de la propriété, et ils espionnent…

Alors… que dire ? Peut être attendais-je trop de ce premier tome ? Pourtant, j’avais entendu ma libraire exprimait un avis mitigé dessus et je comprends maintenant pourquoi. L’histoire s’inscrit durant la seconde guerre mondiale jusqu’après la capitulation de la France sous le gouvernement de Pétain donc. Nous retrouvons quatre jeunes qui sont bien décidés à virer les « boches » de la France et de faire vivre la Résistance à leur manière aussi.

On commence directement avec Doc (Edmond), un gamin surdoué qui trafique un poste radio. Voyez ici la bourde ? La radio, à cette époque, était le nec ultra de la technologie ! Il passe donc pour le petit génie de la bande de par ses connaissances qu’il apprend en lisant. Ce personnage est contradictoire envers lui-même. Le Chef (Gaston) lui pose la question de l’importance des oeuvres d’art. Sa première réponse est très enfantine « ça coûte des sous ; et puis il y en a quand même des belles, et des très vielles » puis dans la case suivante, il a une autre réponse très adulte, « ça montre la puissance culturelle d’un pays ». Si sa deuxième réponse est aussi intelligente, il devrait donc développer une réponse plus mature pour la première question.

On en vient à Gaston (Chef). Pourquoi est-il le chef ? Je me le demande ! Il n’a aucune culture qui est criante de vérité avec sa seule phrase « Moi, j’aime pas lire ». Le seul fait qu’il soit chef, c’est parce qu’il l’a décidé et l’impose, point ! En plus de son attitude étrange, il n’a pas les bonnes réactions quand il faut – ni même aucun des enfants, je reviendrai dessus – il est macho. Les interactions qu’il a avec les autres personnes me semblent vides. Sans parler de la fausse romance entre Princesse (Elise) et lui qui est complètement inutile.

Pour les deux autres personnages, donc Princesse (Elise) et Bouboule (François), je ne sais pas pourquoi ils sont là. Enfin, Elise est peut être là pour la pseudo-romance et une présence féminine… Mais Bouboule est un goinfre qui dans ce premier tome n’a pas vraiment montré son utilité. Cependant, il va servir de « levier » pour le second tome parce qu’il doit rendre visite à sa tante à Paris.

Après les personnages, que dire de l’histoire… Elle a un bon fond. Elle aurait pu être intéressante si elle n’avait pas un scénario mal ficelé. Entre les deus ex machina et les gamineries, en passant par une absence de bonnes émotions, ce premier tome ne m’a tiré que des soupirs !

Ici, les deux ex machina sont donné par le dieu des hasards et des bonnes répliques. Le premier, Gaston et Elise sont sous une voiture allemande avec les nazis devant, surveillant un pont. Deux nazis et une voiture sur un pont. Ils arrivent à se faufiler sous la voiture après qu’ils aient marché sur une brindille. Les nazis se retourne – POP – les enfants sont derrière/sous la voiture ! Alors que sur l’image, la voiture est à une certaine distance des enfants et juste à côté des nazis ! Comment c’est possible qu’ils n’aient rien vu ?! Ils sont aveugles, ces ennemis… Comment ils ont gagné la guerre ? Elise se cogne contre la voiture quand elle est en-dessous avec Gaston. Un nazi se couche directement – ET HOP – les enfants courent dans une rue plus loin… Ils ont inventé la téléportation en fait.
Et il en existe quelques uns comme ça. La fenêtre s’ouvre brusquement dans un bureau fermé avec deux hauts dignitaires allemands – C’est le vent ! Deux enfants chutent d’un balcon – C’est un chat ! Ils se disputent sous la fameuse fenêtre ouverte – certes, il pleut – mais des voix qui se disputent, s’entendent quand même ? Non, en plus d’être aveugles, ils sont sourds… Comment ils ont gagné la guerre ?!

Pour les attitudes, j’ai un exemple parfait. Edmond manque de tomber d’un train en marche. Il est rattrapé par Gaston. Ils se remettent dans le wagon et ils se lancent deux répliques sur la possible mort de Edmond et puis on passe à autre chose. C’est vrai qu’un enfant à peine sorti de la primaire reste impassible face à sa propre mort. Aucune larme, une peur légère. C’est l’occupation en France, d’accord, mais les personnages restent des humains, de surcroît des enfants !

Les dessins sont un peu trop adultes pour un public jeunesse comme tend à l’être cette BD. Mais ils restent compatibles avec le sujet abordé.

Je m’excuse pour les petits emportements dans ma rédaction, ceci reste mon avis. A vous de vous forger le vôtre.

Le réseau Papillon : Aux arts, citoyen ! de Dumanche et Otéro ♦ Jungle ♦ 2018 ♦ 56 pages ♦ 11,95€ ♦ Genre : Bande Dessinée, Historique

Lecture décevante

Cette chronique participe au challenge « Je suis éclectique »

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