Premières lignes

Premières lignes#2

Mercredi, c’est l’heure du rendez-vous créé par le blog Ma lecturothèque. Le principe : chaque semaine, je vous en cite les premières lignes du récit que je suis en train de lire.

Quand on n’a que l’amour de Nick Alexander

« Le trajet entre le funérarium et la maison se déroule en silence. A côté de Sean, Avril, sa fille, regarde par la vitre d’un air absent. Après avoir pleuré pendant toute la durée de la messe, ils se sentent anéantis. Chacun pense qu’il devrait dire quelque chose à l’autre pour le réconforter, mais aucune des formules utilisées d’habitude pour rompre le silence ne semble approprié – par exemple, à quoi bon se demander si ça va alors que, de toute évidence, ça ne va pas ? Il préfèrent se murer dans la silence, de peur de provoquer une nouvelle crise de larmes en prenant la parole, à moins jusqu’à la fin du trajet »

Sois toi-même, tous les autres sont déjà pris de David Zaoui

« A l’âge de vingt-cinq ans, j’ai appris que ma grand-mère était atteinte de la maladie d’Alzheimer. Le professeur Mayan, neurologue, lui avait prescrit de nombreux examens, et nous avions rendez-vous pour qu’il nous en fasse le compte rendu. Ma mère était alitée ce jour-là, c’est donc moi qui accompagnais Daisy – grand-prère Prospero avait été terrassé par un arrêt cardiaque six mois plustôt. 
Gras comme un lardon, les yeux aussi verts et pénétrants que ceux d’une panthère qui vous pourchasse, le professeur Mayan a annoncé la sentence comme on réclame un demi à un barman :
– Madame, j’ai le regret de vous dire… z’avez Alzheimer !
J’ai baissé la tête, sous le choc.
– Je m’en sortirai, à rétorqué Daisy en haussant des épaules.
– Et… ça implique quoi ? ai-je demandé.
– Une perte progressive de mémoire… d’autonomie aussi.
– Perdre la mémoire ? C’est fantastique ! s’est exclamée Daisy.
Le professeur notait sur une ordonnance vierge le traitement à suivre.
– Il va falloir la placer quelque part ? ai-je questionné.
Avant même qu’il ait le temps de répondre, elle est intervenue :
– Jamais de la vie !
A bien l’observer, je n’avais pas le sentiment qu’elle se rendait compte de la situation. »

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