Chroniques

Chronique#2 ♦ « La tête sous l’eau » de Olivier Adam

Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte. 
Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. »
Il se trompait. Ma sœur serait bientôt de retour parmi nous mais on n’en avait pas terminé. 

Voilà un livre qui me sort de mes sentiers battus. Je ne sais pas pourquoi je l’ai acheté, je vous l’avoue. La couverture ? La synopsis ? Le titre ? Peut-être les trois. Mais je ne m’attendais pas à recevoir une telle claque.
Je découvre cet auteur avec ce livre et rien que cela m’a donné envie de lire ces autres oeuvres. Il a su trouver les mots justes afin de recréer les sentiments d’un adolescent dans une famille déchirée par un drame.
On prend le récit au milieu de ce dernier. C’est le narrateur qui nous compte les événements en retraçant les dernières semaines, mois qu’ils ont vécu suite à l’enlèvement de sa soeur.
Le temps s’arrête au moment où ils la retrouvent pour reprendre un rythme chronologique alterné. Entre les souvenirs, les moments d’angoisse et la compréhension de l’événement, on se fait ballotter dans les sentiments et les tourments que vivent cette famille. Et c’est en même temps que le narrateur, que nous lecteurs, nous prenons de plein fouet ce qu’a vécu Léa.

Une lecture prenante qui nous imprègne de sa justesse et de sa crédibilité. Les moments de tension vécus par Léa sont absorbés par les tentatives de rationalisation du narrateur. La finesse de l’écriture nous emporte toujours et malgré le contexte narratif sur un chemin optimiste. L’auteur tourne sa plume vers l’espoir. Simplement par cette phrase de fin « La chanson décolle et je la vois sourire ».

Et l’ombre permanente de Léa entre nous.

Un père et un fils en tête à tête dans la maison remplie d’absence. Un père et un fils au milieu des cendres. Hébétés. Hagards. Presque des fantômes. Égarés dans les limbes.

Je garde les miens grands ouverts, à veiller sur le sommeil de ma sœur. Ma grande sœur perdue puis retrouvée, terrorisés, brisée, honteuse, rongée de culpabilité et de colère, ma grande sœur amoureuse qui voit des ombres menaçantes partout dans la nuit.

La tête sous l’eau de Olivier Adam ♦ Robert Laffont ♦ 2018 ♦ 224 pages ♦ 16€ ♦ Genre : Thriller

Cette chronique participe au challenge Petit Bac 2019

2 réflexions au sujet de “Chronique#2 ♦ « La tête sous l’eau » de Olivier Adam”

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